Le nounours et la tasse de café

Arnaud Seldon le 1 novembre 2009

Humeurs Le petit ourson le regardait d’un air circonspect :

- Dis, dis, dis, Arnaud, c’est quoi que tu lis, là, dis, dis, c’est quoi que tu lis ?!
- « Introduction à la psychanalyse ». C’est de Freud.
- Ouaaaah… Et alors, et alors, c’est quoi l’histoire ?!
- Ce n’est pas un roman. C’est un essai.
- Ouaaaaah… Et alors, et alors, c’est quoi l’histoire de l’essai ?
- Cela parle d’un homme qui fait un acte manqué en rêvant de ses névroses.
- Ouaaaaaaaah… Et alors, et alors, c’est quoi, ses névroses ?
- Elles sont nombreuses. Toutes guidées par son narcissisme, sans doute.
- Ouaaaaaaaah… Et alors, et alors, cet homme, c’est Freud ?
- Non. Cet homme, c’est moi.
- Ouaaaaaaaaaah… T’es dans le livre ?! C’est mieux que « L’histoire sans fin » !
- On peut dire ça. Mais c’est ce que sont les blogs, tu sais. « L’histoire sans fin » déclinée à l’infini.
- Hmmmm… Mouais, ben, d’ailleurs, il est un peu beaucoup beaucoup mort, ton blog, en ce moment…
- C’est que je n’ai pas le temps d’écrire.
- Mmmmmmouais… T’as pas le temps ou tu l’prends pô ?
- J’ai pas le temps. Je prépare des concours.
- Ah, tu prépares un concours de psi-caca-nalyse ?
- Non. Le livre illustre simplement une mise à nue. C’est ça, un blog : une mise à nue narcissique.
- Ouaaaaaaaaah… Alors c’est pour ça que t’es tout nuuuuu…
- Tu as tout compris : le sens propre et le sens figuré.
- Heuuuuu… C’est ça ou c’est passque t’aimes bien montrer ta bite ?!
- Disons qu’un pédéblogueur sans bite, ce n’est pas tout à fait un pédéblogueur.
- Ah ouais, j’vois l’machin ! Enfin… heuuu… j’veux dire que j’ai compris… Ah, attends…. ! Mais alors… pourquoi que tu bois un café ?!
- Parce que cette mise à nue narcissique pousse jusqu’à présenter au monde la banalité de son quotidien en croyant que ça intéresse quelqu’un ou que c’est intelligent. Comme boire son café.
- Ouaaaaaah… Tu critiques trop bien le système, t’es trop fooooort… Dommage qu’on voit pas ta tête…
- N’as-tu pas saisi la subtilité ? C’est parce que c’est là toute la subtilité d’un blog : montrer le coeur de l’intime tout en restant dans un confortable anonymat. D’où cette couette confortable et ma tête coupée. Une assez bonne représentation qu’on peut se faire de la schizophrénie, d’ailleurs. Freud n’est à nouveau plus très loin.
- Ouaaaaaaaaaaaaaah… Arnaud, t’es cro cro intelligent… Chui amoureux de toi…
- Désolé, nounours : je suis déjà amoureux.
- Ouaaaaaaaaah, trop bien ! C’est la nouvelle du jour, ça ! J’étais resté sur ta rupture avec l’aut’, là ! Vas-y, raconte, raconte, raconte !
- On réservera ça pour un futur billet, quand j’aurai un peu de temps. Mais je te promets de te raconter.
- Ouaaaaaaaaaaaaais ! J’ai hâââââte ! … Et, heuuuu… en attendant, tu m’f'ras quand même des bisous ?!!

Silencieusement, Arnaud sourit et déposa un baiser sur le front de la peluche qui ne put s’empêcher de rugir de plaisir : définitivement, on est schizophrène ou on ne l’est pas. Arnaud l’était. A n’en point douter.

4 réponses à “Le nounours et la tasse de café”

  1. Comme le nounours, j’ai aussi hâte d’entendre la suite ;-)

  2. Bonjour JM !

    A suivre…

    (PS : Pour ceux qui n’avaient pas compris - mais j’osais pas mettre le lien - je suis Monsieur Novembre ; mais chuuuut, c’est un secret !)

  3. Bonjour Arnaud (désolé pour mon manque de politesse pour mon précédent commentaire…)

    J’ai vu la photo : pas mal ;-)

  4. Happy New Year, ARNAUD
    (I think that I still remember your real first name, BUT I will not reveal it here)
    Wishing you all the best in the year 2010.
    It’s been months since I’ve visited your blog, I’ll now read the blog entries that I’ve missed.
    Regards, IRA in New York City

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