3/4 - After Hours
Il faisait froid. Il commençait à faire froid, putain.
Et j’étais là, errant dans le coton niçois, à presque 4h00 du matin, dans le froid de février. Et dans ce froid qui commençait à me piquer la chair partout, partout, une chose demeurait immuable : l’insoutenable pensée qu’un SDF bourré ne luttait même pas contre la fraîcheur, cul nul, son pantalon vert déposé sur sa couche.
Je faisais à nouveau un détour pour aller sur le quai de la gare. Vide. Désespérément vide. Derrière les rails, des vieux immeubles froids, éteints, me toisaient de leur regard. A une époque, j’avais un ami qui habitait là-dedans : pourquoi n’habitait-il plus par ici, bordel, pourquoi n’habitait-il plus par ici ?!
Les horaires du prochain train ne changeaient pas. Immuables, figés dans l’espace à mesure que je me décomposais dans cette nuit surréaliste, ils ne changeaient pas. 6h00 et quelques du matin. Cela serait l’heure où je pourrais monter dans un train. Et, enfin – enfin ! – rentrer chez moi.
Mais ça n’était pas encore le cas. Il était 3h50 du matin et il fallait que je trouve une occupation pour deux petites heures. Je ne pouvais pas rester dans la rue : il faisait trop froid. Il fallait que je trouve une solution. L’idée était simple : retourner au Vieux Nice, proche de la mer, pour tenter de dégotter un bar, un pub ou quoique ce soit qui soit encore ouvert et où prendre un peu de chaleur dans ce froid encore hivernal, pour deux petites heures. Deux minuscules petites heures.
A nouveau sur le parvis de la gare, je regardai autour de moi : toujours pas âme qui vive, et nulle trace du SDF, si ce n’est son pantalon vert, toujours à la même place. Je décidai de descendre l’Avenue Jean-Médecin. … sauf que j’avais oublié un instant que, sur l’avenue, une voiture brûlait peut-être encore. Avec des… … des ombres, dedans. J’hésitai. Devrais-je prendre des ruelles parallèles pour accéder au Vieux Nice ou essayer de redescendre la grande avenue ? Des ruelles sombres où les pires choses pourraient encore m’arriver ? Ou l’ersatz d’avenue toute en travaux avec une voiture qui brûlait ?
Je prenais l’option de l’avenue. Je ravalai ma salive, avec difficulté. Mes lèvres commençaient à être sèches de ce froid et mes yeux rougis par la fatigue et l’alcool commençaient à avoir du mal à rester ouverts. Je m’engageai vers l’avenue.
Du monde. Enfin, depuis plusieurs heures de rencontres étranges, absurdes et effrayantes, du monde. La divine foule qui s’amasse. La divine foule qui nous effraie le jour et qui nous rassure la nuit. La divine foule qui nous perd lorsque nous cherchons notre chemin mais qui nous guide lorsque nous cherchons à ne plus être seuls. Du monde. Enfin. Devant moi. Réunis autour de la carcasse d’où sortaient maintenant des volutes de fumée. Un petit camion de pompier et une voiture de police. Des flics, autour, qui empêchaient les gens de trop s’approcher. Des pompiers en tenue qui maniaient un drôle d’objet à mi-chemin entre la lance à incendie et l’extincteur. Et les gens, autour. Des voisins, des passants, ou que sais-je encore. Une dizaine à peine mais une foule monstrueuse pour moi. Une foule de dix passants, mais une foule rassurante.
L’un d’entre eux, oui, l’un d’entre eux… aurait un téléphone ! Un téléphone portable ! Téléphone, allo papa, oui il est tard, j’ai raté mon train, j’ai passé une nuit bizarre, s’il te plaît viens me chercher, à tout de suite papa, merci, bisous, bisous !
J’approchai de la foule, contenue par le flic et une sorte de barrière en plastique bleu ciel. Je tentai ma chance :
- S’il vous plaît… Est-ce que quelqu’un aurait un téléphone portable, s’il vous plaît ?
Quelques regards méprisants, et un grand silence. Quoi ? Comment ça, pas de réponse ? Mais je vais pas me laisser faire, moi !
- S’il vous plaît, c’est très important ! Je voudrais rentrer chez moi et je n’ai plus de batterie sur mon portable. S’il vous plaît, quelqu’un aurait un téléphone portable ?
Toujours pas de réponse. Mais pourquoi ne répondent-ils pas ? Ce sont des zombies, ou quoi, merde, putain, fais chier !
Et là, je me rendis compte du cocasse de la situation : une foule de riverains, réveillée entre 3h00 et 4h00 du matin par camion de pompier et voiture de police, hébétée par des cadavres fumants dans une carcasse en flammes, voyait arriver un jeune con de fêtard, qui sentait peut-être encore l’alcool, demander un téléphone portable. Si ça m’était arrivé, peut-être ne l’aurais-je même pas regardé, ce jeune fêtard.
Je me trouvai con. Et je retrouvai mes conventions sociales : tout ça était déplacé. Tout ça était surréaliste : je ne pouvais pas demander un téléphone portable à ces gens. C’était trop décalé. Trop hors propos. Et leur silence me le faisait comprendre. D’ailleurs, je songeais à ce que m’avait dit un ami, quelques semaines plus tôt, quand on a une demande à faire à quelqu’un : « Ne jamais la faire à un groupe car personne ne réagira, espérant que quelqu’un d’autre répondra à sa place. Il faut faire des demandes individuelles ». Alors, je remarquai dans la foule une jeune femme, d’une trentaine d’années :
- Mademoiselle ? Bonsoir, mademoiselle. Je sais que la situation est un peu décalée, mais j’ai été agressé et je voudrais rentrer chez moi… Vous auriez un téléphone, s’il vous plaît ?
Elle me regarda, me jaugea de haut en bas, prit un sourire plein d’excuses et finit par me répondre :
- Non, désolée, je n’ai pas de portable…
Maudit… J’étais maudit… Je pensais que cette foule allait me rassurer, me donner une compagnie dans cette nuit blanche si chargée, et rien à faire : j’étais en réalité tout aussi seul. Mais c’était compréhensible, après tout. J’avais traversé le miroir. Ces gens-là, tirés de leur sommeil, n’étaient que les habitants du jour qui faisaient un bref passage dans la nuit. Moi, le miroir, je l’avais traversé et j’étais encore de l’autre côté. Pas eux. Eux qui se réveilleraient le lendemain pour reprendre leur travail. Moi, j’étais désormais du côté des prostituées, des mendiants et des meurtriers : je faisais désormais partie, au moins pour un temps, de l’autre monde. De l’autre dimension. De l’autre aspect du centre urbain. J’étais Alice au Pays des Merveilles. Et pour le monde des vivants, je n’étais plus qu’un fantôme, invisible, méprisable, impalpable.
Soudain, une idée me vint à l’esprit : les flics ! Oui, les flics ! Je détestais les flics – héritage lointain de la conscience des événements de Stonewall, sans doute, ou de ma chère maman anarchiste – mais, pour une fois, ils allaient m’être utiles. J’allais les voir, leur parler, leur expliquer, et ils m’aideraient. Ils m’aideraient à rentrer chez moi. Ils me ramèneraient chez moi. Ou dans un poste. Pour me protéger. Moi, petit pédé frêle, fragile et fatigué. Moi qui n’avais jamais enfreint la loi, si ce n’est pour tirer un maigre MP3 sur un site ou tirer une taffe sur un joint finement roulé. Moi, petit citoyen, moi, pauvre paumé, ils allaient m’aider. C’était une certitude.
J’approchai de l’un d’eux, qui empêchait la foule de dix personnes de se tenir trop près de la carcasse et je l’interpellai :
- Heu… Monsieur ? Je réfléchissais à la bonne manière de dire. Monsieur… l’agent de police ?
Il ne répondit pas. Il restait stoïque.
- Heu… Monsieur l’agent ? S’il vous plaît ? J’ai un problème… !
Il finit par me lancer un regard méfiant :
- Hmmm, moui ?
- Voilà… heu… Je lançai un regard rapide à la voiture que j’avais vue en flammes, songeant que des cadavres calcinés avaient peut-être été retirés. Ce n’est peut-être pas le bon moment, mais heu… comment vous dire, comment vous expliquer depuis le début, heu… j’ai passé une nuit difficile et je voudrais rentrer chez moi…
- Vous avez des taxis à côté de la gare SNCF.
- Je sais, je sais, mais… hum… je n’ai plus d’argent. J’ai une carte bleue mais elle ne fonctionne pas au distributeur, lançai-je, le regard plein de supplication – du moins je l’espérais.
- Vous ne voyez pas qu’il y a eu un accident ? répondit-il, froidement.
- Oui, je sais, j’ai vu la voiture en flammes, tout à l’heure, quand il n’y avait personne, répondis-je.
Il me toisa du regard et m’interpella :
- Vous avez vu l’accident ?
- Heu… non, je remontais juste l’avenue et je suis tombé sur la voiture en flammes… J’hésitai. Et je crois qu’il y avait… des gens dedans.
A nouveau, il me regarda avec un air suspicieux :
- Et c’est vous qui avez appelé les pompiers ?
- Non, non.
Je marquai une pause… avant de me rendre compte de la portée de mes propos. J’essayai de me rattraper :
- En fait, je voulais mais je n’avais plus de batterie sur mon téléphone portable.
Mais pourquoi ne me regardait-il pas dans les yeux ? Pourquoi regardait-il mon front ?
- Ah vous n’aviez plus de batterie ? C’est bête, ça, quand même ?
- Heu… oui, et j’ai cherché une cabine téléphonique mais il n’y en a plus, France Telecom en a tellement retirées…
- Vous en aviez à la gare, répondit-il du tac au tac.
- Oui, mais elle ne marche pas. Et ma carte bleue non plus, d’ailleurs.
Mais qu’est-ce qu’il a, mon front ? Pourquoi il n’arrête pas de le regarder ?
- C’est marrant comme rien ne marche quand on en a besoin, hein ?
Je poussai un soupire de soulagement : enfin, j’étais compris !
- Oui, vous pouvez le dire, monsieur l’agent ! Et, après, j’ai cherché un bar où téléphoner et j’ai fini par rencontrer une pros…
Je m’interrompis net. Là, j’allais faire une gaffe. Mais je suis con, ou quoi ? Je suis entrain de déballer toute ma nuit à un flic, et lui dire quoi ? Que je suis allé voir une prostituée ? A 3h00 du matin ? Pour téléphoner ? Et mon cul, c’est du poulet ? Mais n’importe quoi ! Vraiment n’importe quoi ! Je suis bon ! Mon compte est bon !
J’achevai la discussion :
- En fait, j’ai passé une sale nuit et je voudrais vraiment rentrer chez moi… Je n’ai plus de portable, plus d’argent, et aucun moyen de locomotion pour rentrer chez moi…
Son regard sembla s’illuminer un instant. Etrange.
- Vous n’avez pas de voiture ? me demanda-t-il.
- Non, pas ici. Enfin, je n’en ai plus. Enfin ! Pas. Je n’ai pas de voiture. En fait, je n’ai pas de permis de conduire.
Pourquoi avais-je hésité ? J’étais sans doute impressionné : j’ai toujours un peu honte d’avouer, surtout devant des monstres de virilité comme les flics, que j’ai peur de conduire et que c’est la raison pour laquelle je n’ai jamais passé mon permis.
Le flic me regarda encore un instant et finit par me répondre :
- Bon, attendez là, je vais voir avec mon chef.
Je le vis s’éloigner et se rapprocher d’un autre mec, qui n’était pas en uniforme. De loin, collé à la fameuse barrière en plastique bleue, à côté des autres membres de la foule anonyme et voyeuse, je regardais le flic discuter avec l’autre mec. L’autre mec me regardait de temps en temps, le regard sévère. Je le vis très distinctement froncer plusieurs fois les sourcils.
Machinalement, je passai ma main sur mon front. Aïe ! Mais c’est que ça faisait mal ! Je regardais ma main : noire d’une sorte de suie, un peu de sueur et un peu de sang. Je me figeais sur place : je saignais ? Mon front saignait ?
Juste à côté de moi, contre le mur, à côté d’un tabac fermé par une grille, il y avait une surface avec un miroir. Je me regardai dedans. Là, l’horreur : j’étais complètement décoiffé, mes lunettes avait la branche gauche déformée, j’avais le visage couvert d’une suie noire, celle qui m’avait fouettée le visage lorsque j’avais remontée l’avenue Jean Médecin, la première fois que j’avais découvert la voiture. Ma chemise avait le haut de la manche déchirée et était elle-même couverte de petits morceaux de suie noire. Quant à mon front, mélange de suie et de sueur, il commençait à orner une sacrée bosse qui suintait un peu de sang. Je n’étais pas qu’éraflé, finalement : les violences du maquereau avaient fait leurs offices. Je souriais un peu, levant les yeux au ciel : quelle gueule j’avais… A me voir, on m’aurait cru rescapé miraculeusement d’un quelconque carambolage et…
…
Mon sang ne fit qu’un tour. Je lançai vivement un regard vers les deux flics qui continuaient de discuter et de me regarder.
Bordel. Bordel de bordel. Putain de bordel de merde. Putain. Putain de putain ! Ils croient que… ?! Ils croient que… je suis responsable ?! Je n’ai pas de voiture, plus de voiture, j’ai hésité ! J’ai fait un lapsus ! J’étais au courant pour la voiture, ils croient que je reviens sur les lieux ! J’ai une bosse, je saigne, les lunettes déformées, de la suie, j’étais dans la voiture ! Ils pensent que j’étais dans la voiture ! Ils pensent que j’étais un passager ! Je dois sentir l’alcool, ils voient que je suis bourré… ils pensent même que j’étais le conducteur ! Que j’étais dans la voiture et que j’ai abandonné mes amis – c’était sûrement des jeunes, ils rentraient d’une boîte, et je rentre d’une soirée – ils pensent que je suis responsable ! Ils pensent que je suis responsable de l’accident, que c’est moi qui conduisait, ils ne vont jamais me croire, personne ne me croira, une prostituée – mais quelle idée d’aller voir une prostituée pour téléphoner – qui croirait une chose pareille ?! Qui penserait qu’une telle chose est vraie ?! Je dois partir d’ici ! Je dois partir d’ici ! Ils vont m’arrêter ! Ils vont m’arrêter !
Ni une ni deux, je reculais derrière la foule et, ipso facto, m’éclipsais dans une ruelle parallèle. Je recommençai à courir. Je devais partir d’ici. Dans le Vieux Nice. Je devais aller dans le Vieux Nice. Un pub, un café, ou que sais-je encore, et j’y serai.
Je regardai ma montre : 4h20 du matin. Cette nuit n’en finissait pas. Non, cette nuit n’en finissait pas.
Par une rue parallèle, j’arrivais enfin à la place Masséna, qui ouvre le quartier du Vieux Nice. Il est fou, quand j’y pense, de se dire qu’une ville peut être aussi vide et morte. Quand il fait froid, rares sont ceux qui profilent le nez dehors, surtout sur la Côte d’Azur où les habitants ne sont pas habitués au froid. Une petite fontaine s’offrait à moi. Argh, que l’eau était froide ! Méticuleusement, je me lavai le visage et les mains, mis un peu d’eau sur mon front, et, avec mon paquet de mouchoirs, m’essuyai le visage et tentai de frotter sans grand succès les tâches de suie sur ma chemise. Puis, je redressai la branche de mes lunettes tordues et remerciai mon opticien de m’avoir conseillé une paire en titane.
Brrrr, mais quel imbécile : je ne pouvais pas attendre d’être dans un bar, avant de faire ça ? J’allais m’attraper froid, maintenant ! Le premier endroit bien au chaud serait le bienvenu !
Une voiture se mit à arriver au niveau de la place, à quelques mètres devant moi. Elle se posa devant le trottoir, déjà occupé par de nombreuses voitures garées. Une belle voiture. Je n’y connais rien en marques mais ça devait être une Mercedes ou quelque chose dans le genre. Une belle femme, habillée d’un manteau de fourrure marron, la trentaine, blonde, maquillée, en descendit. Eclairée par la lumière d’un lampadaire, elle se pencha en avant et s’appuya à la fenêtre du siège passager. Le conducteur, que je devinais avoir dans la trentaine pour ce que je voyais de son visage à travers le pare-brise, lui dit quelques mots que je n’entendais pas. La femme lui répondit, toujours penchée sur la fenêtre :
- Essaye au parking souterrain, il devrait y avoir des places. Je t’attends à l’intérieur.
Le mec poursuivit son chemin, passant devant moi, alors que la femme s’engagea derrière une porte. Je regardai l’endroit : le « Blue Velvet ». Un bar chic ou un club de riches, me suis-je mis à penser. Je me regardai dans un autre de ces miroirs qui ornent certains murs dans les rues : ça allait déjà mieux. Bon, ma chemise était un peu déchirée en haut, à moitié trempée et j’avais une grosse bosse sur le front, mais, pour le reste, cela allait. Une petite chemise sexy, un pantalon taille basse, une besace en bandoulière, c’était quand même pas mal. Je décidai, après une minute d’hésitation, de pousser la porte du club.
Fermée. Une sonnette à l’entrée. Oh, ils n’allaient pas m’emmerder, hein : j’expliquerai en quelques mots, je sais être convaincant et parler avec un style alambiqué de richard, je demanderai juste de passer un coup de fil, et ça sera parfait.
La porte s’ouvrit. Un colosse en costume sombre me regarda de haut en bas et me fit entrer. « Bonsoir, monsieur, je vous en prie ». Eh bien, je n’ai rien eu à dire, plus accueillants que je ne le pensais, les richards.
Derrière la porte, je tombai sur une petite salle à la lumière rose sombre tamisée. A gauche, un guichet avec indiqué « Vestiaires », ainsi qu’une porte marquée « Toilettes ». Sur ma droite, une sorte de comptoir avec un autre mec habillé en costume sombre, la quarantaine, bel homme, avec de la classe. Derrière lui, une vieille horloge, et un tableau affichant un texte, une sorte de règlement, ainsi qu’une étrange suite de tarifs. Devant moi, des escaliers qui semblaient descendre à un sous-sol. Si ça c’était pas un endroit bien chic ! m’étais-je mis à penser. En plus, il faisait chaud, c’était parfait. J’approchai du mec au comptoir, avec en tête qu’il s’agissait d’une sorte de majordome. Il était tout sourire. Je lui répondis d’un sourire et commençai à parler de façon obséquieuse, histoire de tromper sur la marchandise :
- Bonsoir…
- Bonsoir, monsieur ! me répondit-il, toujours tout sourire.
Plus proche désormais, je regardai le tableau affiché derrière lui. Tarifs de carte de membre, abonnement au mois, entrée pour une soirée : 30 euros. Argh.
- J’aurais besoin de téléphoner, mais j’ai malheureusement oublié mon téléphone chez moi : si ce n’est pas stupide de ma part !
Je forçai un éclat de rire condescendant. Le mec me répondit par un sourire encore plus grand :
- Bien sûr, monsieur. Demandez à l’hôtesse dans la grande salle au sous-sol, elle vous apportera un téléphone.
Oui, oui, oui, oui ! Gagné ! Gagné ! Gagné !
Je reposai les yeux sur le tableau derrière le mec : entrée pour une soirée : 30 euros. Re-argh. Il fallait faire avaler le truc :
- Hmmm… Par contre, pour le paiement de l’entrée… heu… eh bien…
Le mec sembla réagir au mot « paiement », faisant une fausse mine de dégoût. Ca s’annonçait mal. Pourtant, la Providence, qui m’avait laissé tomber jusqu’à présent, se mit étrangement de mon côté :
- Ne vous inquiétez pas, votre amie a déjà réglé. Elle nous a prévenus que vous arriviez.
- Ah… ? Oh ! … mon amie…
Le cul bordé de nouilles. J’avais le cul bordé de nouilles. J’avais sacrément le cul bordé de nouilles. Après une putain de nuit monstrueusement surréaliste, la chance venait enfin de mon côté. La Roue de la Fortune finit toujours par tourner, même dans le monde d’Alice au Pays des Merveilles, après tout !
Le majordome me prenait sans doute pour le mec qui était allé chercher une place où garer sa grosse Mercedes. Qui finirait sans doute par être garée dans le parking souterrain du Vieux Nice.
Mais le timing promettait d’être serré, du coup : il fallait que je dégotte un téléphone, appelle vite mon père, et je ne pouvais plus resté ici, vu que l’autre mec allait arriver.
J’avais l’impression d’être une sorte d’espion, comme dans Alias ou dans James Bond, qui était là en mission secrète et devais vite remplir un objectif avant d’être découvert. La situation était excitante.
Après avoir fait un détour par les toilettes où sécher ma chemise au sèche mains, et après m’être recoiffé un peu, je finis par revenir dans le hall d’accueil, et par m’engager dans les escaliers. Qui savait quelles merveilles du monde des riches j’allais découvrir ?
Je m’attendais à tout. Mais pas à ça. Pas à ce que le pauvre naïf que j’étais était sur le point de découvrir. La Providence. La Providence s’apprêtait encore une fois… à me jouer un tour.
(à suivre)




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Si ça ce n’est pas pas un sens aigue du suspense !!!!!!
2005-04-12 21:31:51 de Curtis
… Toi, t’es trop fort !
2005-04-13 03:49:12 de Aboga
Que de suspense, que de suspense, vivement la suite….
2005-04-13 20:07:29 de Rourou
ah bah la suite, elle est ou ???
Bon bah j’attends le prochain épisode avec grande impatience
@ bientot
2005-04-14 01:00:03 de Jérôme
La suite! la suite!
2005-04-15 14:19:54 de TarValanion