3/3 - Errance sexuelle
Il faut dire que, dans les jours qui ont précédé, j’ai programmé deux plans cul coup sur coup. D’abord, un danseur très bien foutu, un jeudi après-midi. Une mauvaise idée : le garçon est certes câlin et bien foutu mais - malgré mon expérience récente avec Paul-Henri - il a une bite bien trop large pour que je puisse la prendre en moi. Nous finissons par nous branler respectivement avant que je ne me décide à réparer son ordinateur en bon geek que je suis. J’ai d’ailleurs vécu avec ce mec une situation un peu traumatisante sur laquelle je vais revenir.
Par ailleurs, le samedi soir, je décide de coucher avec un troisième mec, un petit jeune passif et totalement imberbe, “fantasmant” - je cite - “sur [mes] cuisses à la Michalak” (sic.). Il en faut pour tous les goûts. Mais l’expérience n’a aucun intérêt particulier puisqu’il veut qu’on se revoit ultérieurement, n’a aucune conversation, n’est pas intéressant pour un sou et espère qu’on va sortir ensemble. Je coupe donc toute relation avec lui en me disant que je suis - enfin - devenu un vieux pédé sans cœur qui baise avec n’importe qui et finit par briser des cœurs. Merveilleuse évolution.
Revenons sur le danseur.
Ce qu’il faut en retenir tient à deux choses essentielles. La première, c’est que ce n’est pas parce qu’on a pu prendre son pied du cul quelques jours auparavant qu’on est nécessairement en mesure de prendre une grosse bite en s’affichant nouvellement et fièrement comme un “nouveau passif”. Ca ne marche pas comme ça, ma bonne dame. Il faut de la préparation. Déçu par ma prestation ratée de l’après-midi, c’est donc la raison pour laquelle j’ai commandé sur internet un anal plug de retour chez moi. Il est très bien (je pourrais dire qu’il me va comme un gant mais ce serait mentir : c’est plutôt moi qui m’enfile comme un gant, si vous voyez ce que je veux dire ; bref).
La seconde chose tient à une situation à la limite du dégoûtant traumatisant ; l’une de celles - voire peut-être la pire - que j’ai pu expérimenter en matière de sexualité. Attention : âmes sensibles s’abstenir de lire les huit prochains paragraphes.
Nous étions le jeudi après-midi et j’avais donc rendez-vous chez ce danseur. Je venais de prendre une douche, nettoyé “en profondeur”, habits propres, gommage, crèmes hydratantes, terra cota, etc. Vient l’instant où je me retrouve dans son hall d’immeuble, l’appelant au téléphone pour qu’il me rappelle son nom de famille et que je trouve son étage. Mais au moment où je l’ai au téléphone - en bas de chez lui, donc - une chose horrible va se précipiter. Je sens à cet instant précis une vive douleur au ventre. Et une envie impérieuse d’aller aux toilettes. Impérieuse. Je me souviens soudain de ce verre de lait du matin - que j’ai découvert périmé après l’avoir malheureusement ingurgité - et je sens cette envie très prenante de faire une grosse commission qui - attention, détail scabreux - n’avait a priori rien de très… consistante.
Horreur. Malheur. Mein gott. Je suis en bas de chez lui, il sait que je suis là, je viens a priori pour baiser, et je sens que j’ai la courante. Argh. Argh de argh. Moment de solitude. Je me mets à rire nerveusement, me disant que l’existence a un putain d’humour décapant, je m’adresse secrètement à celui que d’aucuns appellent Dieu et je lui murmure intérieurement que je prends ça pour un clin d’œil rigolo de l’humour divin devant l’innocence des hommes. En attendant, je fais quoi, moi, maintenant ? Je fais demi-tour, prétextant être malade ? Je monte le voir pour lui dire : “Je suis désolé, j’ai la diarrhée : où sont tes toilettes / je peux prendre une douche / on se revoit demain ?” ? Au-delà du côté franchement pas très glamour, s’il se rendait compte de la chose, je pouvais être sûr de ne plus coucher avec lui et de ne plus jamais le revoir. Re-argh.
Je monte malgré tout, me tenant le ventre dans l’ascenseur et serrant les fesses, me disant que j’irais aux toilettes chez lui. Tant pis, à la rigueur, je présenterai la chose avec la candeur de l’enfant pris en flag, en insistant sur le côté cocasse de la situation et ça le fera peut-être rire s’il a un brin d’humour. Je ne baiserai pas aujourd’hui, c’est pas bien grave, il restera toujours Paul-Henri et le gamin samedi soir, ainsi que les autres plans cul en attente depuis quelques mois et pas encore programmés. Et je me retrouve devant lui, dans une mansarde très sympa, il est au téléphone, cela semble important, je lui fais un baiser sur la joue, je me dis que c’est nickel, que je vais pouvoir aller aux chiottes pendant qu’il téléphone et que ça tombe à merveille.
Grossière erreur : j’ouvre la seule porte disponible qui débouche sur sa salle de bains et me rends compte qu’il n’y a pas de toilettes dans sa mansarde. Merde. Putain de merde. Fais chier. Et c’est le cas de le dire. Je patiente et m’assois, et je me rends compte que le mal de ventre s’estompe : est-ce une accalmie ? Il finit par raccrocher, on papote une heure autour de son boulot, je trouve ça passionnant, on est tous les deux assis sur son lit - un matelas une place de fortune placé dans un coin de la mansarde - puis vient le moment tant attendu. Le moment où un silence se précipite, deux sourires complices échangés, il m’embrasse, je l’embrasse, on se déshabille, il est poilu, je trouve ça excitant sur son corps dessiné, je lèche et mordille ses tétons, j’aime son odeur délicate, je le suce allègrement, joue la gorge profonde au point de m’étouffer, il pousse des râles de plaisir, me suce à son tour (eh, fais gaffe à tes dents, coco) et il finit par vouloir me prendre.
Dont acte. Le matelas est exigu, il est allongé sur le dos, je m’assois sur sa queue. Je joue un peu avec son gland sur l’entrée entre mes fesses, il attrape une capote derrière lui, l’enfile, et commence à me pénétrer. Argh putain elle est ENORME ! Je commence à me remémorer l’incident lors de mon arrivée dans son hall d’immeuble et je commence à flipper, me crispant littéralement. Je lui dis que je suis actif habituellement et que j’ai un peu de mal, là. Mais il me renverse sur le dos, j’écarte les jambes et…
Et là, un moment d’horreur se précipite. Un moment monstrueux. Il se met à vouloir me faire un anulingus. Non. Non, non, ce n’est pas possible. Non, là, c’est insoutenable. Je sers les fesses au maximum, me disant que si j’ai la courante, ça va être l’horreur, je me crispe littéralement, je ne peux rien dire, et lui s’exécute de plus en plus profondément. Je me laisse faire et finis par me laisser pénétrer par sa langue, je prie très fort pour qu’il ne se rende compte de rien, je ne sais pas exactement quel est l’état ce “ce qui est en bas”, je hurle de terreur intérieurement, c’est immoooooooonde.
Mais non. Rien ne se passe. Il adore ça. Et il en redemande. Et il m’embrasse juste après. Et je me rends compte qu’il y a… Non, ce n’est pas possible, je ne peux pas écrire ça sur mon blog. … Oh, et puis, après tout… Nous sommes humains et ça fait partie des aléas de la vie, j’imagine ? Je me rends compte, disais-je, qu’il y a… une légère odeur pas très odorante. ARRRRRRGHHH. J’ai envie de partir en courant, j’ai envie de m’enfuir le plus vite possible, quitter cet endroit, ne plus jamais le revoir, plus jamais, plus aucun contact, il a dû s’en rendre compte et…
Et pourtant rien, peut-être ai-je fantasmé ce que j’ai senti, non, il n’y a plus rien, il m’embrasse, guide sa queue jusqu’à mon cul et essaye de me prendre. L’honneur est sauf pour l’instant. Reste que bite trop grosse ou crispation due à une possible courante, j’ai été incapable d’être pénétré. Impossible. C’est resté hermétiquement fermé. Nous nous sommes donc finalement respectivement branlé et j’ai passé l’heure suivante à tenter de réparer son ordinateur, en bon geek que je suis.
Le résultat de cette expérience malheureuse a été double. J’ai déjà parlé de l’anal plug pour favoriser une préparation en règle. Je dois donc ajouter la conclusion finale : toujours avoir sur soi une plaquette d’Imodium pour me constiper dans les dizaines de minutes qui suivent au cas où une situation similaire se précipiterait dans un plan cul futur. Autant dire que j’en ai avalé deux gélules avant de voir le gamin du samedi soir.
Et cela aurait sans doute pu continuer ainsi pour les plans cul ultérieurs que je m’apprêtais à programmer avant mon départ pour Nice pendant un mois.
Sauf que je n’avais pas prévu ce qui allait se précipiter. Tout comme je n’avais pas prévu quelques semaines auparavant que ma sexualité allait exploser en éclat, je n’avais pas imaginé que je m’apprêtais à tomber amoureux. Vraiment amoureux.
Mystère des aléas de l’existence et de la destinée des hommes. Mystère et volupté. Et que je n’avais pas besoin de coucher pour ça.
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2/3 - Errance sexuelle
(voir la partie 1)
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1/3 - Errance sexuelle
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