Tu peux crever, tu sais ?
Par admin le vendredi 9 janvier 2009, 13:27 - L'ermite - Lien permanent
La maturité, ce n'est pas parvenir à réaliser un objectif en ayant maîtrisé ses passions. Ce n'est pas non plus parvenir à se libérer de quelconques entraves ou de chaînes plus ou moins grossières ou épaisses que tout un chacun trimballe partout où il se traîne. Ce n'est pas non plus avoir un travail, une famille, un appartement, des enfants et un labrador qui s'appellerait Barney.
Non : tout ça, ce sont les piaillements d'un petit oiseau qui se plaint d'être enfermé dans sa cage dorée mais qui ne dit plus rien lorsqu'il a le bec rempli des graînes que son maître lui a gentiment déposées dans sa mangeoire.
La maturité, c'est en réalité bien pire que cela.
C'est parvenir à ne pas succomber à une angoisse métaphysique terrifiante : la communauté des hommes se fiche complètement - mais alors complètement ! - de savoir ce que tu es, ce que tu fais, ce que tu vis - et même si tu vis ! - en tant qu'individu. Elle ne te donnera rien - absolument rien - si tu ne viens pas l'arracher.
La maturité est donc la mort de l'attentisme ; c'est se jeter dans la vie quoi qu'il en coûte et se rendre compte que ni rien, ni personne ne sera là pour te relever, toi qui n'es qu'un anonyme de peu d'importance.
La maturité, c'est accepter l'injustice permanente de l'inégalité des hommes.
Je peux vous assurer que ça fait bizarre quand on commence à s'en rendre compte.
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