L’Age nouveau

Arnaud Seldon le 5 mars 2008

Paris, 3h00 du matin. Dans la pénombre, le vieil homme jouait avec ses doigts sur le vieux Zippo qu’il tenait de son père. L’ouvrant, le refermant. L’ouvrant, le refermant. Clic, clac. Clic, clac. Un bruit sec qui résonnait dans son petit appartement bien vide. A mesure qu’il le faisait cliqueter, les flashs des étincelles de la pierre à briquet éclairaient les murs en un éclair. Ils avaient été blancs il y a longtemps. Désormais, ils oscillaient entre le gris du temps qui passait et le jauni des nombreuses clopes qu’il avait fumées des années durant. Devant lui, au mur, au-dessus de son bureau, le dernier tableau qu’il avait laissé accrocher : une reproduction du “Pont d’Héraclite” de René Magritte. Un tableau que sa mère adorait. Le vieil homme finit par allumer une cigarette avec son briquet, braise orpheline perdue dans l’obscurité. Une inspiration, une volute de fumée, et une expiration en un long souffle. Quelques toussotements rauques, comme il en avait l’habitude. Le tabac n’avait pas fini par le tuer, finalement. Il plongea la main dans sa poche-avant de chemise, vérifia que la petite boîte métallique s’y trouvait bien et hocha la tête avec satisfaction.La cigarette aux coins des lèvres, il se leva difficilement de son fauteuil dans lequel il était reclus depuis plusieurs années. Les derniers temps, il ne sortait plus de chez lui. A quoi bon donner l’illusion que tout allait bien ? C’était bien inutile : la fin s’annonçait davantage, chaque jour, inexorablement. Alors, pour éviter d’affronter ces visages de la vie quotidienne qui n’avaient rien compris, il se faisait livrer par internet. La nourriture. Les vêtements. Les produits d’entretien.

Chaque mois, il touchait sa pension de rmiste. Il avait fait prélever automatiquement le loyer mensuellement pour être sûr de ne pas avoir de problèmes. Le loyer, c’était le plus important. Après venaient les factures. L’électricité, d’abord, indispensable. Puis le forfait de télécommunication, qui intégrait le téléphone, l’internet par fibre optique, la communication sans fil, la multitélévision à la demande et ses 2000 chaînes, la radiodiffusion métaquarkienne pour les échanges de données et la gestion du serveur d’hébergement personnalisé. Et puis, après, il y avait la nourriture. Toutes les deux semaines, les mêmes aliments, qu’il avait choisis sur le site d’UltraPrix, le consortium de supermarchés qui tenait les enseignes du territoire européen. Toutes les deux semaines, la même quantité de viande de basse qualité - du poulet en barquettes d’1kg -, la même quantité de bouteilles d’eau minérale - 21 litres -, la même quantité de légumes - quatre laitues fraîches, 1 kg de haricots verts, 1kg de pommes de terre et 1kg de carottes -, la même quantité de fruits - un filet d’oranges, un filet de pommes et un filet de kiwis -, et toujours 30 yaourts, à raison de deux consommés par jour, ce qui en faisait toujours deux de trop, qui finissaient toujours à la poubelle. Une fois par mois, il commandait une barquette de beurre, un grand paquet de sel et une boîte de café soluble. Tout le reste lui servait à se fournir en conserves vides qu’il utilisait pour la mise sous conditionnement. Rarement, il s’accordait le plaisir d’une tablette de chocolat - du 70% de cacao - avec les quelques euros qu’il lui restait sur sa pension. C’était les mois où il ne les dépensait pas sur le réseau pour s’acheter un morceau de musique inconnu qui n’était pas disponible sur le Freenet - le réseau libre qu’avaient constitué les internautes qui ne supportaient plus les limitations et la censure de ce qu’avait été autrefois le réseau internet. Et toutes les deux semaines, méticuleusement, il mettait un peu de ses achats de côté en attendant le grand jour. Surtout le poulet, l’eau minérale et les pommes de terre qui seraient les seules denrées qui resteraient consommables.

Lentement, il s’était levé de son fauteuil, en toussant un peu, et il avait allumé la lumière tamisée de sa lampe halogène. Dans son studio, il n’y avait plus beaucoup de meubles. Sa salle principale tournait autour de son bureau, sur lequel il avait installé ses trois ordinateurs. Il y avait ensuite son lit, dont il n’avait pas changé les draps depuis longtemps, et bien sûr sa bibliothèque où seuls les ouvrages des sciences de la vérité avaient une place. A côté, sa petite cuisine, dans laquelle il ne faisait pas souvent à manger, et sa salle de douche, qui n’avait guère plus de douche que le nom. C’est cette dernière pièce qui était vraiment importante, pour lui. Parce qu’elle était parfaitement isolée et qu’il avait fait combler les bouches de ventilation et l’évacuation de l’eau de douche avec du ciment. Il avait fait retirer les meubles qui n’avaient aucune utilité et s’était aménagé l’endroit parfait en préparation des temps à venir. Chaque jour, dans sa cuisine, il faisait bouillir le poulet dans des marmites, le mélangeait aux pommes de terre, en mangeait un peu lors des repas du jour, et passait le reste dans la machine à mise sous vide en conserve par déshydratation dont il avait fait l’acquisition au terme de nombreuses années d’économie. Les conserves remplies, il les entreposait dans sa salle de douche, les unes sur les autres, empilées comme des gigantesques tours de métal, à l’endroit où se trouvait autrefois sa machine à laver. L’autre côté de la petite pièce lui servait à entreposer les nombreux packs d’eau minérale qu’il entassait les uns sur les autres, renouvelant tous les deux ans le stock de ceux qui étaient proches de leur date de péremption. Il fallait pouvoir tenir 365 jours, en parfaite autonomie. Pour les boîtes de conserve, il n’y avait guère à s’inquiéter : le dispositif de mise sous vide en conserve par déshydratation était tel que les denrées conditionnées pouvaient rester en l’état près de cinquante années durant. Entre les deux, le lavabo où l’eau courante lui permettait de faire sa toilette quotidienne et, parfois, de laver quelques uns de ses vêtements.

Le jour était enfin venu. Cela faisait longtemps qu’il le savait. Les sciences de la vérité l’en avaient informé, lui qui savait lire entre les lignes de la destinée des hommes. Il était temps que tout cela cesse. Il était temps que tout s’arrête, enfin. Pour préparer l’âge nouveau.

Lorsqu’il l’avait appris, il n’avait que 26 ans. On lui avait indiqué la date et les manœuvres nécessaires afin de s’y préparer. Toute sa vie durant, cette date inéluctable lui avait dicté sa conduite quotidienne. Rien d’autre n’avait vraiment de saveur, ni plaisir quel qu’il soit, aussi solitaire et égoïste qu’il pouvait l’être, ni aucun engagement que ce soit qui pouvait avoir un véritable intérêt dans la communauté des hommes. Parce que l’épée de Damoclès était telle que savoir le jour où le fil de crin finirait par céder empêchait toute autre perspective. L’inéluctabilité de la fin. On lui avait dit qu’il devrait faire partie de ceux qui s’en sortiraient. Ce qu’il n’avait pas compris, à l’époque, c’est pourquoi on l’avait prévenu à cet instant précis. Peut-être parce que, les années filant, il aurait perdu la foi en ces questions-là ou parce qu’il ne serait plus capable de comprendre les fils de la destinée des hommes. Il n’avait pas compris pourquoi, en tout cas, il devait faire parti de ceux qui s’en sortiraient. A 70 ans, quel rôle pouvait-il encore jouer ?

Le jour tant attendu était enfin arrivé. Il s’appliqua à exécuter, après tant d’années d’attente, ce qu’il avait préparé en pensée depuis qu’on lui avait donné les instructions.

Lentement, il avait ouvert les fenêtres de son petit appartement. Il avait ensuite rabattu les volets en fer qu’il avait fait installés. Il se dirigea vers sa cuisine, ouvrit un tiroir, et sortit les trois gros rouleaux de scotch marrons qu’il entreposait ici depuis de nombreuses années. Méticuleusement, il boucha chacune des ouvertures laissées par les interstices des volets de métal : il était indispensable que ni la lumière ni l’air ne puisse passer. Lorsque ce fut fait, il referma les fenêtres et s’occupa d’en calfeutrer le pourtour avec attention : deux précautions valaient mieux qu’une.

Puis, il se rendit dans la cuisine : c’était les bouches d’aération qu’il était désormais indispensable de sceller hermétiquement. Ce fut fait sans trop de difficulté, quoique son arthrose l’obligea à s’y reprendre à deux fois. Le régénérateur d’air qu’il avait fait installer pourrait fonctionner plusieurs années s’il le fallait, grâce à sa batterie longue durée intégrée, bien que cela ne serait sans doute pas nécessaire.

Ensuite, il ouvrit un autre tiroir dans lequel il entreposait de la pâte à modeler. Il en roula quatre grosses boules au creux des mains et se dirigea vers son évier. Il en plaça une dans le robinet, dont il avait pris soin de ne pas se servir les derniers quinze jours pour éviter qu’il soit humide et en profita pour le scotcher par-dessus fermement. Il fallait éviter tout reflux d’eau viciée éventuelle dans les jours à venir. C’est pourquoi il obstrua ensuite le trou d’évacuation de l’évier, avec une seconde boule, en la scotchant également, et fit de même pour le lavabo de la salle de bains - robinet et trou d’évacuation. Il rabaissa la cuvette en plastique de ses toilettes, la scotcha avec excès sur la porcelaine puis se retrouva dans son hall d’entrée. Il ne restait plus, désormais, que la porte de son appartement.

Il hésita un instant et se demanda si cela était nécessaire. Mentalement, il imagina les filets d’air vicié pénétrer par la portée d’entrée de l’immeuble et gagner doucement les cages d’escalier. Avant d’arriver jusqu’à sa porte. Oui, cela était donc nécessaire. Il regarda sa montre à gousset qu’il tenait de son grand-père, hocha la tête avec satisfaction pour lui-même, et tira un long ruban de scotch dans un “scratch !” retentissant. Il s’occupa de faire tout le tour de la porte d’entrée avec attention. Il regarda sa montre à nouveau, la rangea dans sa poche, et retourna s’installer dans son fauteuil. Il écrasa la cigarette qu’il portait au bec dans son cendrier, sortit un peu de tabac de sa poche, roula une nouvelle cigarette, et l’alluma aussi sec avec son Zippo paternel.

En quelques touchés sur son écran tactile, il fit défiler les informations du jour. La guerre faisait rage comme à son habitude ici et là, les cordons de la bourse filait toujours le beau fixe de l’hypocrisie financière internationale, et les chaînes de télévision diffusaient leurs programmes habituels. Machinalement, il jeta un œil à sa chaîne préférée - TV Europe 4. Elle passait une énième diffusion d’un vieux téléfilm des années 1990 - “Le Fléau“, basé sur un roman de Stephen King. Le vieil homme faillit presque s’étrangler devant l’ironie de la situation et, levant à moitié les yeux au ciel, adressa un salut aux dieux qui ne manquaient définitivement pas d’humour devant notre innocence. Il finit par jeter un œil sur les quelques forums de discussion qu’il fréquentait quotidiennement, disant mentalement adieu à tous ces inconnus qui se cachaient derrière des pseudos anonymes et bénit la chance qu’ils avaient d’ignorer ce qui allait se profiler dans les jours à venir. Il resta ainsi de nombreuses minutes les yeux fixés sur son écran : ce vieux compagnon qu’était le Freenet lui manquerait, sans aucun doute. Il avait été l’une des constructions des hommes les plus abouties, et sans doute la plus sous-évaluée en ces temps de folie. Il sourit en disant adieu à ce bon vieux Windows Galaxy qui n’était jamais parvenu à se libérer de ses failles de sécurité récurrentes, secoua la tête en imaginant qu’il ne toucherait sans doute plus jamais à un ordinateur de sa vie, et finit par éteindre ses trois machines non sans un pincement au cœur.

Lentement, il se releva de son fauteuil, ouvrir son cagibis, et coupa net l’électricité et l’arrivée d’eau. A nouveau, il se retrouvait dans l’obscurité.

Dans la pénombre, le vieil homme jouait avec ses doigts sur le vieux Zippo qu’il tenait de son père. L’ouvrant, le refermant. L’ouvrant, le refermant. Clic, clac. Clic, clac. Un bruit sec qui résonnait dans son petit appartement bien vide. Il sortit la petite boîte en métal de la poche-avant de sa chemise, l’ouvrit dans un petit cliquetis et prit les deux boules Quies qui se trouvaient à l’intérieur. Il en plaça une dans chaque oreille, sortit une cigarette de son paquet, la glissa entre ses lèvres et l’alluma.

Du dehors, un bruit sourd retentit. Suivi d’un autre. Puis d’un grand bruit aigu que personne n’avait jamais entendu. Et enfin, le vacarme assourdissant d’une gigantesque explosion qui n’en finissait pas de résonner. Tout se mit à trembler dans l’appartement. Le vieil homme ferma les yeux, confiant. L’hallogène tomba en grand fracas, les meubles se mirent à trembler de toute part, les ouvrages tombant des étagères. Quelque vaisselle de la cuisine s’éclata sur le carrelage, à peine audible tant le bruit strident et monstrueux retentissait de toute part. De la salle de douche, les boîtes de conserves s’effondrèrent les unes sur les autres, dans une cacophonie métallique à peine dissonante vu le vacarme violent qui sévissait au dehors. Le mur au-dessus du bureau émit un craquement, sembla tenir le coup un instant devant la secousse et finit par se lézarder de part en part d’une fissure apparue comme par enchantement.

Au terme de quelques minutes, le bruit cessa, les secousses se calmèrent et les lointaines vibrations s’amenuisèrent jusqu’à disparaître comme elles étaient venues. Dans son silence soudain retrouvé, le vieil homme retira ses boules Quies et les rangea dans leur boîte de métal, qu’il replaça dans sa poche. Dehors, des alarmes et des sirènes battaient leur plein ici et là au milieu d’un silence autrement terrifiant. Derrière ces cris stridents de la terreur des hommes, le vieil homme imaginait les voitures stoppées, les cadavres de passants réduits en cendres et - partout - dans ce silence de l’activité des hommes qu’il devinait régner derrière les sirènes déchirantes qui finiraient par se taire - la fin de toute vie humaine. Presque “toute”. Lui était en vie.

Il y avait ceux très peu nombreux qui, comme lui, connaissaient les fils de destinée des hommes et qui avaient sans doute préparé les jours à venir depuis de nombreuses années, tout comme lui l’avait fait. Mais il y avaient aussi ceux qui, pour l’instant, étaient dans des endroits clos. Qui feraient l’erreur d’ouvrir leurs fenêtres - si elles avaient tenu le coup de l’explosion - pour voir ce qui se passait au dehors. Ou qui auraient la morbide curiosité affolée de jeter un œil dans les rues pour comprendre ce qui venait de se passer. Terrible et fatale curiosité qui les tuerait bien vite dans les minutes qui suivraient. Certains rentreraient à nouveau à l’intérieur, et mourraient en contaminant leurs proches dès l’instant où ils entreraient en contact avec eux, maris réconfortant leurs femmes, mères réconfortant leurs enfants. Pour ceux qu’un sommeil lourd ou qu’un somnifère bien senti aurait permis d’éviter d’être réveillés, il ne faudrait que quelques heures, le temps que l’air vicié vienne les cueillir dans leur sommeil définitif. Se trouver de ce côté-ci de la planète pouvait tout de même donner davantage de chances, par rapport à l’autre face du globe, en pleine journée, propice à la panique et à l’exposition directe aux événements alors que les gens vaquaient à leurs occupations quotidiennes, frappés de plein fouet.

Mais il y aurait quelques autres survivants, qui auraient eu l’idée de se calfeutrer et de s’enfermer chez eux. Informés par les radios, peut-être, si l’onde électromagnétique n’avait pas détruit les vieux postes de radio archaïques qui survivaient à ce type d’événement. En quelques jours, ceux qui consommeraient l’eau courante seraient emportés par la maladie. Et c’est là que la faim finirait par les faire sortir. Certains décideraient de partir en exploration, pour trouver de quoi manger. Pour les rares qui parviendraient à se protéger, tout serait avarié et contaminé. Et puis les grandes pluies viendraient laver l’air et le sol mais toute nourriture resterait contaminée de ce mal étrange et inconnu. A l’exception des poulets protégées de l’air et de la lumière. Mais encore fallait-il en trouver qui soit encore vivants et qui ne soient pas exposés. Et encore fallait-il savoir que le poulet serait le seul animal encore comestible.

Les semaines passeraient et ce serait le commencement de l’âge sombre. L’âge où les hommes, mus par la faim, commenceraient à ne pouvoir trouver qu’une seule nourriture véritablement comestible : l’humain. Et le cannibalisme deviendrait la règle de survie, le temps que l’âge nouveau puisse advenir.

Le vieil homme soupira, alluma une bougie avec son Zippo paternel et regarda autour de lui : son appartement semblait avoir bien tenu le coup. Avant toute chose, il jeta un œil dans sa salle de douche : les tours de conserves s’étaient écroulées mais aucune n’avait été brisée ; c’est bien pour cela qu’il les avait achetées en métal.

Quant au reste, le peu de meubles et l’absence de bibelots avait évité que tout ne vire au foutoir, et - hormis une partie de la vaisselle et les livres - tout était plus ou moins resté à sa place. Il regretta d’avoir laissé le tableau accroché au mur. Si le tableau avait bel et bien tenu, par quelque miracle insondable, la fissure qui lézardait le mur le déchirait de part et d’autres du clou à béton. Le planter si profondément avait sans doute fragilisé la structure même de la pierre ! Fort heureusement, après une brève inspection, l’intégrité de l’appartement ne semblait pas contrariée.

Les sirènes au dehors s’arrêtèrent de hurler et le silence absolu reprit ses droits.

Il sourit avec satisfaction, s’assit sur son fauteuil, jeta un œil aux écrans éteints de ses ordinateurs et souffla la flamme de sa bougie. Dans la pénombre, le vieil homme jouait avec ses doigts sur le vieux Zippo qu’il tenait de son père. L’ouvrant, le refermant. L’ouvrant, le refermant. Clic, clac. Clic, clac. Un bruit sec qui résonnait dans son petit appartement bien vide. Il était en vie et il fallait maintenant survivre. Pour enfin comprendre quel était le sens pour lequel sa vie avait été épargnée.

Dans la pénombre, quelques instants plus tard, le vieil homme ne comprit pas d’où vint le petit bruit de glissement qu’il venait d’entendre. Ni ce qui fut l’origine du grand coup qu’il reçut en plein visage, le faisant tomber à la renverse. Ni le bruit de verre brisé qui retentit dans le silence - fracassant. Il fut tué sur le coup.

Le Pont d’Héraclite” venait se de décrocher du mur. Il avait ricoché sur un écran d’ordinateur, le coin du cadre en bois venant frapper le menton du vieil homme, qui s’était retrouvé projeté à terre. Dernière retombée, le cadre avait glissé, le verre s’était brisé et la gorge du vieil homme avait été tranchée. Nette.

* * * * * * * * * * * *

Six mois plus tard, une femme qui s’apprêtait à accoucher trouva refuge dans l’appartement. Elle sortit le cadavre du vieil homme en décomposition et put s’enfermer ensuite de longs mois durant. Grâce aux réserves de son ancien hôte, elle fut en mesure de nourrir son enfant, loin des yeux de tous.

Une petite fille.

Qui serait celle que l’humanité attendait pour qu’enfin advienne l’âge nouveau.

[Fin]

Une réponse à “L’Age nouveau”

  1. De : MensSana
    Le mardi 5 décembre 2006 à 09:28
    Site :

    N’étant pas d’un profil littéraire, mon commentaire ne vaut certainement que peu, mais un recueil de telles histoires courtes existe t il? Si non, à mon sens, il mériterait…


    De : Matt
    Le mardi 5 décembre 2006 à 16:38
    Site : http://www.20six.fr/matt1313

    Je suis fan. J’ai hâte de lire les prochaines.


    De : Pierre
    Le mardi 5 décembre 2006 à 17:01
    Site :

    C’était une histoire courte?


    De : Arnaud Seldon
    Le mardi 5 décembre 2006 à 18:30
    Site : http://www.lamoindreplume.net

    MensSana> Un recueil perso, tu veux dire, ou un recueil de petites histoires de cet ordre entre tous les blogs francophones?

    Matt> Merci !

    Pierre> Oui, oui, c’était une histoire courte. Un one shot en attendant la suite du Rayon Jaune, en fait.


    De : TarValanion
    Le mardi 5 décembre 2006 à 21:09
    Site : http://www.tarvalanion.net/blog/

    Ca ressemble quand même pas mal à la definition du mot “ironie”. J’aime beaucoup.


    De : Arnaud Seldon
    Le mercredi 6 décembre 2006 à 04:26
    Site : http://www.lamoindreplume.net

    TarVal> C’est vrai, j’avoue ! Cela aurait pu être le titre de ce récit : “L’ironie du sort”. ;-)


    De : MensSana
    Le mercredi 6 décembre 2006 à 19:47
    Site :

    Arnaud Seldon > la question initialement réclamait d’autres de tes productions… à la suite de ta question, et surtout de la réponse fournie plus haut, je me contenterai également d’histoire provenant d’autres, dans un même esprit… des pistes vers ou orienter ma recherche?


    De : Arnaud Seldon
    Le mercredi 6 décembre 2006 à 23:37
    Site : http://www.lamoindreplume.net

    MensSana> Ah. Eh bien, un tel recueil n’existe pas pour l’instant mais si un éditeur est intéressé, why not ? Ceci dit, il faudrait que j’en écrive davantage (ou, pour être plus précis : que j’en PUBLIE davantage sur mon blog - je ne mets que celles qui me semblent un minimum abouties). En attendant, en cliquant dans la catégorie “Vie fantasmatique”, tu trouveras quelques humbles “tentatives littéraires” de cet ordre-là… :-)

    Sinon, pour d’autres blogs, pour être honnête, je ne vois pas trop. Pas dans ce “style” là, en tout cas. A ma connaissance, il y a les quelques (très bonnes) fictions écrites par Finis Africae ou bien quelques tentatives intéressantes (qui devraient être plus nombreuses !) chez TarValanion mais qui ne sont pas très bien classées (il faut farfouiller dans la rubrique Tel’aran’rhiod), du genre de La visite de l’éther.


    De : Djamila
    Le jeudi 7 décembre 2006 à 23:44
    Site :

    J’adhère, j’adore, continue. Ca ferait un bon un court métrage aussi je pense.


    De : Yann
    Le vendredi 16 février 2007 à 16:59
    Site : http://yanncecile.org/

    Ouh je suis en train de devenir fan.

Trackbacks/Pingbacks

Laisser une réponse

Vous pouvez utiliser ces balises : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>