02/x - Le Rayon Jaune

Après un repas conséquent comme seule ma grand-mère, pourtant seule au fourneau et avec trois fois rien, sait le faire, vint l’heure du café. Nous nous retrouvions donc autour de la table, ma grand-mère, ma mère, mon oncle et moi.
Mon oncle, qui habitait la région, s’était lui aussi déplacé pour quelques jours, logeant chez ma grand-mère, à l’occasion de ma venue. C’était une personne que j’appréciais beaucoup car c’était un passionné de beaucoup de choses.
Je n’ai pas beaucoup d’affinités avec ma famille, habituellement. A quelques exceptions près, j’ai tendance à les considérer comme des connaissances et je n’éprouve pas de sentiments pour eux. J’en suis détaché - ils me laissent indifférent. Surtout ceux qui pensent que je devrais les aimer parce que je suis leur neveu, leur petit-fils, leur cousin ou que sais-je encore. Cela n’a aucun sens, pour moi. Et je me rends compte que ce sont précisément ceux qui voudraient que je les appelle régulièrement qui me laissent le plus de marbre. Quelque part, je réagis avec eux comme dans mes relations amoureuses : plus l’autre me fait la démonstration de son affection en réclamant la mienne, plus j’ai tendance à me renfermer dans une froideur égoïste.
Mon oncle, lui, faisait partie des exceptions. Il ne m’avait jamais harcelé en quoi que ce soit, je n’avais un contact avec lui qu’une fois l’an au téléphone, et cela me faisait pourtant terriblement plaisir de le voir lorsque j’avais l’occasion de me retrouver à Vichy pour quelques jours. Lorsque j’étais gamin, déjà, il s’illustrait par des centres d’intérêt qui ne peuvent que susciter la fascination chez un gosse : outre la culture populaire de sa région, le bassin de la Sioule, et la photographie, son dada à lui c’était les OVNIs. Officier qu’il avait été dans l’Armée de l’Air, il avait accès à des sources d’informations insoupçonnées et d’une grande crédibilité, tels que des pilotes d’aviation militaire qui avaient été confrontés à de curieuses manifestations célestes. On peut aisément imaginer combien ce genre d’occupations pouvait attirer l’attention d’un enfant expatrié en Auvergne pour les vacances.
Bref, nous prenions tous les quatre le café autour de la table. Seulement, lorsque je dis “tous les quatre”, cela était faux : ma grand-mère, comme à son habitude, s’était réfugiée dans la cuisine pour faire un brin de vaisselle après le repas. J’hésitai un instant mais me risquai tout de même à aborder la question de mon arrière grand-père :
- En commençant à faire le tri dans le grenier tout à l’heure, je suis tombé sur des vieilles photos jaunies. Et il y avait une photo d’Edmond, le père de Mamie, en uniforme de poilu. Qu’est-ce que vous pouvez me dire, sur lui ?
Ma mère interpella son frère du regard, semblant ne pas savoir grand-chose sur la question et mon oncle me répondit :
- A vrai dire, peu de chose. Il a fait la première guerre, il s’en est tiré avec une balle dans la jambe, et ça lui a sauvé la vie puisqu’il s’est retrouvé à l’arrière. Et après il a rencontré ma grand-mère, Madeleine, dans l’entre-deux-guerres.
- Ah. Et tu sais s’il avait des passions particulières, un centre d’intérêt quelconque, quelque chose, ou bien… ?
Mon oncle réfléchit un instant et poursuivit :
- Pas plus que ça. Voyons… C’était un paysan, à la base. Mais il adorait lire, il était passionné d’histoire. Puis il a quitté sa femme du jour au lendemain à la veille de la seconde guerre et on n’en a plus entendu parler. Ton arrière-grand-mère a éduqué ma mère toute seule. Je n’en sais pas plus. Mais peut-être qu’il faudrait le lui demander directement. Maman ? Tu peux venir ?
Mon oncle interpella ma grand-mère qui était dans la cuisine. On entendit un grognement suivi d’un “Qu’est-ce qu’il y a, encore” à voix basse mais qu’on savait volontairement audible pour être entendu. Ma grand-mère fit irruption dans la pièce avec un torchon entre les mains :
- Maman, ton père, tu sais quoi, sur lui, exactement, à part son histoire à la jambe ? lui demanda mon oncle.
Ma grand-mère parut étonnée de la question, s’essuya les mains avec le torchon, le posa à côté d’elle et s’assit difficilement sur sa chaise en bout de table.
- Tu en as de drôles, de questions. répondit-elle, sèchement.
- Arnaud a trouvé des photos d’Edmond en poilu, donc il s’interroge sur qui il était.
Ma grand-mère soupira un brin, se tourna vers moi et sourit en faisant craqueler sa peau ridée :
- J’ai pas beaucoup connu mon père, tu sais. Il est parti courir la gueuse quand j’avais 4 ou 5 ans et on l’a jamais revu.
- Tonton me disait que c’était un passionné d’histoire, fis-je remarquer.
- Ah ça oui ! répondit ma grand-mère. La Mado - ma mère, Madeleine - était très amoureuse de mon père et elle me racontait souvent des choses sur lui quand j’étais jeune. C’était un paysan mais il avait le certificat d’études. Il était passionné de lecture. Il travaillait à la ferme de… Comment elle s’appelait, déjà ? Ah, j’me fais vieille, la mémoire, la mémoire… Enfin, d’une dame qui possédait des terres et qui lui prêtait les livres de sa bibliothèque. Une grande dame, ah ça oui. Elle a aidé ma mère à trouver un travail quand mon père nous a abandonnés. Mais bon, il en avait aussi, des livres. Dès qu’il avait un sou de côté, il en dévorait un nouveau. Je me rappelle qu’il y avait une sacrée bibliothèque à la maison…
Mon intérêt s’égaya soudainement. J’interrompis ma grand-mère dans ses souvenirs :
- Et ces livres, qu’est-ce qu’ils sont devenus ? Tu les as gardés ?
- Oh oui, j’en ai même lus quelques uns. Mais il y en a tellement. Beaucoup de livres d’histoire et des romans aussi. Des vieux livres. Ceux que j’ai lus sont dans la bibliothèque, au milieu des miens, mais la plupart croupissent dans des cartons au grenier.
Je tenais peut-être une piste. Je me dis qu’il y avait peu de chances de tomber sur des ouvrages ésotériques puisque mon arrière-grand-père pratiquait son spiritisme dans le plus grand secret. Cela pouvait tout de même être intéressant d’y jeter un œil.
- Et les livres d’histoire, ce sont plutôt des livres d’histoire de France ? demandai-je.
- Pour la plupart, oui. répondit ma grand-mère. Ça et quelques livres par-ci par-là sur l’Antiquité. Il était fasciné par l’Egypte des pharaons. Et c’est pas peu dire : mes parents sont partis en Egypte, pour leur lune de miel, d’ailleurs. Et pourtant, ils roulaient pas sur l’or. M’enfin… C’est du passé, tout ça…
L’Egypte Ancienne, civilisation de tous les mystères, propice à toutes sortes d’imaginations. Je gardai l’idée en tête en me disant que je pourrais tenter de découvrir quelque chose de ce côté-là.
- Et il avait de la famille de son côté ? Un frère, une sœur, des cousins ? interrogeai-je.
- Oh, il avait un frère. Le père de ma cousine, Mathilde. Elle habite Paris, je crois. Mais on n’a pas trop de contacts. Ca fait des années que je ne l’ai pas vue.
Résumons. Mon arrière-grand-père était un paysan lettré qui se faisait prêter des ouvrages d’histoire par sa propriétaire terrienne - une “grande dame” qui avait par ailleurs aidé Madeleine quand celle-ci s’était retrouvée seule avec sa fille. Edmond possédait de nombreux ouvrages d’histoire, sur la France et sur l’Antiquité, qu’avait gardé ma grand-mère. Il était aussi allé en Egypte à l’occasion de sa lune de miel, alors qu’il ne semblait en avoir guère le sou. Une étrangeté de plus qu’il me faudrait peut-être élucider. Il avait effectivement un frère, comme l’évoquait le journal intime, et ce frère avait eu une fille, Mathilde, qui vivait à Paris.
Après avoir bu le café, mon oncle me proposa d’aller faire un tour en ville pour acheter le journal du jour. Je me dis que ce serait l’occasion de respirer un peu le bon air auvergnat et de ne pas rester enfermé dans la maison : je décidai donc de l’accompagner.
Sur le chemin, j’eus l’idée de lui demander s’il connaissait une rue appelée “rue des Trois Potiers”, cette rue qu’Edmond mentionnait dans son journal comme le “nouveau lieu” où se déroulaient les séances de son Cercle spirite. Il avait secoué la tête et demandé pourquoi je cherchais cette rue ; j’avais haussé les épaules et bredouillé une excuse inventée sur l’instant. En conséquence, je m’étais dis qu’il me faudrait sans doute acheter un plan de Vichy à la librairie et chercher où se trouvait la rue.
C’est donc bien évidemment ce que je fis. Seulement, le plan en main, je me retrouvai bredouille : aucune rue de ce nom-là n’apparaissait dans l’index. Sans doute la rue avait été renommée entre temps par quelque rue “Général De Gaulle”, “Jean Jaurès” ou autres “Libération”. Je me fis tout de même la réflexion que la rue devait être longue puisque les réunions du Cercle se déroulaient au numéro 314.
A mon retour, me trouvant seul avec ma grand-mère, je l’interrogeai sur la fameuse adresse. Elle qui avait vécu à Vichy depuis son enfance, elle serait sans doute en mesure de me dire où elle se trouvait. Pourtant, ce fut en vain. Elle connaissait bien la ville et suggéra donc que si cette rue avait été renommée à la Libération, elle était bien jeune à cette époque (elle avait 8 ans en 1945) et ne s’en souvenait peut-être plus. Je balbutiai un remerciement alors qu’elle râlait un peu en lançant comme d’habitude un récurrent “j’me fais vieille, la mémoire, la mémoire…”. Je décidai donc de m’isoler au grenier pour explorer davantage les éventuelles affaires d’Edmond et poursuivre ma lecture, tranquille, de son journal intime.
Je retrouvai donc le lieu où tout avait commencé. Ce grenier poussiéreux - qui tranchait bizarrement avec l’obstination maniaque de ma grand-mère. Cela faisait sans doute partie de ces incohérences qui nous caractérisent tous, de ces parts d’ombre ou d’impensé qui viennent compléter notre vie sociale tout comme l’intimité trahit nos personnalités profondes. De ce passé qu’on enterre dans un placard, ou de cette poussière que l’on cache d’un coup de balais et que l’on retrouve en soulevant les tapis. Bref, de ces secrets dissimulés aux yeux de tous et révélés au grand jour au moment le plus inopportun. Comme ceux d’Edmond oubliés sans doute pendant plus de 50 ans dans le socle creux d’une boîte à musique.
Après une dizaine de minutes, je tombai sur un de ces cartons qu’avait mentionné ma grand-mère : il était rempli de livres en reliures de cuir, noires, rouges ou vertes, qui sentaient bon le papier vieilli. Il s’agissait essentiellement de romans : Stendhal, Balzac, Flaubert, Lamartine, Chateaubriand… A côté de ce premier carton, un autre était cette fois rempli d’ouvrages d’histoire des civilisations anciennes, dont une sorte d’encyclopédie de l’histoire des civilisations, dont chaque tome était consacré à une région particulière de l’Antiquité : Mésopotamie, Egypte, Grèce, Rome, etc. L’Egypte prédominait tout de même sur le reste. Il y avait des ouvrages sur la dynastie des pharaons, sur le panthéon des divinités égyptiennes, et sur les us et coutumes de l’Egypte ancienne. Je feuilletai chacun d’eux sans conviction à la recherche de quelque mystérieuse coupure de journal ou lettre pliée qui aurait été jetée au milieu de pages dédiées à quelque Ramses ou Toutankhamon. En vain. J’en conclus que cela ne servait à rien d’aller plus loin si je ne savais pas quoi chercher.
C’est pourquoi je me rabattis sur la petite commode dans laquelle j’avais déjà trouvées la boîte à musique et les photographies de mes arrière-grands-parents. Elle semblait réunir quelques unes de leurs affaires et peut-être allais-je y découvrir quelque chose digne d’attention. Je décidai donc d’en faire l’inventaire.
Une vingtaine de photographies (je me fis la remarque que pour l’époque c’était un luxe pour des gens d’humble condition), de vieilles factures datant apparemment de l’époque de Madeleine et Edmond, la fameuse boîte à musique et ses multiples secrets, trois plumes d’oie, deux encriers dont l’encre noire avait séché, de vieux papiers buvards utilisés, des lettres reçues de divers correspondants de mes arrière-grands-parents et, enfin, chose que je n’avais pas aperçue dans la matinée car dissimulée au fond du tiroir : un nécessaire à écriture, sorte de petit coffret d’une quinzaine de cm de long, en bois sommaire, qui avait été empaqueté par des bouts de ficelle noués entre eux.
J’ouvrai naturellement le coffret, m’attendant à y rencontrer des encriers de rechange. Or, au milieu d’un morceau d’étoffe quelconque, nul outil de cet acabit mais un objet bien incongru. D’environ 10 cm sur 5cm, de forme arrondie, de couleur ocre et muni d’une anse sur le côté, je me retrouvai devant une antique petite lampe à huile en terre cuite. La preuve en était ses deux orifices, l’un - central et large - pour remplir l’objet avec de l’huile ; le second - au bout et plus petit - pour accueillir la flamme. Elle ne comportait presque aucune décoration si ce n’était comme des pétales de fleurs autour de l’orifice central, ainsi qu’une lettre gravée dans la terre cuite. Je la reconnus aussitôt, m’étant penché dans un passé lointain sur les subtilités linguistiques d’une culture qui m’était bien étrangère : la première lettre de l’alphabet hébreu, Aleph, ?, représentée dans sa forme carrée (voir la lampe).
Quel étrange endroit pour ranger une lampe à huile d’origine juive ! Désireux de trouver de quoi avancer dans mon enquête familiale, je plongeai mes doigts dans l’orifice de la lampe. Ils se refermèrent sur du vide. J’ignorai ce que cette petite lampe faisait ici mais elle n’avait sans doute contenu que ce qu’elle avait contenu pendant des siècles : de l’huile et rien d’autre. Je la reposai donc précautionneusement dans son petit coffret et la posai à terre.
Il s’agissait pour l’heure d’une impasse. Point de “314, rue des Trois Potiers” à l’horizon, point d’informations supplémentaires sur l’intérêt d’Edmond pour l’Egypte ancienne et une lampe à huile en terre cuite qui n’avait rien de très original.
Alors que j’étais sur le point de reposer le tout et de lire davantage le journal intime, je feuilletai machinalement les photographies dans lesquelles j’avais déjà vu Edmond dans son uniforme de poilu. Il y en avait quelques unes de lui, quelques unes de mon arrière-grand-mère Madeleine, et quelques autres où ils se retrouvaient tous les deux, dans des lieux divers. Seulement, l’une d’elles attira mon attention. Elle était un peu claire et en partie surexposée, comme si le photographe avait laissé le diaphragme de son appareil ouvert trop longtemps. Du coup, mes deux arrière-grands-parents avaient une pâleur qui ne faisait vraiment pas honneur à la belle femme qu’avait été Madeleine. Le lieu dans lequel ils se trouvaient, en revanche, plus sombre, apparaissait davantage sur la photo. Il s’agissait d’un intérieur. Je ne reconnus pas l’endroit immédiatement, cherchant à voir dans quel endroit de l’actuelle maison de ma grand-mère la photo avait été prise. Mes deux aïeux posaient à côté d’une sorte de vaisselier dans lequel un objet décoratif semblait entreposé. Je pris d’abord le meuble pour une vieille armoire à vaisselle bien vide, comme un vieux living. Mais c’est en plissant les yeux du fait du manque de netteté de l’arrière-plan de la photo que je finis par comprendre : il y avait dans le coin supérieur gauche, juste derrière mes arrière-grands-parents, une pancarte vissée sur un pied. Elle indiquait : “Cairo Exhibition”. Le Caire ! Cette photo avait été prise pendant la lune de miel de Madeleine et Edmond ! Ce que je prenais pour un vaissellier était une vitrine d’une exposition dans un musée égyptien ! Et dans laquelle se trouvait une pièce qui, d’ailleurs, ressemblait à s’y méprendre à … une petite lampe à huile en terre cuite !
Mon sang ne fit qu’un tour, persuadé d’avoir trouvé quelque chose. Je retournai machinalement la photographie : il y était griffonné “printemps 1926″.
Je saisis le journal intime et regardai les différentes dates du printemps 1926, “l’an 8 après la grande guerre”. En survolant les différents récits de ces dates, il s’agissait toujours de récits de séances de spiritisme où Edmond se rendait dans un endroit dont l’adresse n’était pas indiquée (”le lieu habituel”, était-il précisé) et communiquait avec sa femme et son fils assassinés par le tristement célèbre Henri Désiré Landru. Je remarquai tout de même une interruption de plusieurs semaines à partir de la mi-mars jusqu’à début mai. A l’exception toutefois d’une date, le 7 avril 1926, qui venait préciser les raisons de cette soudaine interruption à la tenue régulière du récit. J’en commençai la lecture :
“7 avril 1926, l’an 8 après la grande guerre
Cela fait six jours que Madeleine et moi sommes arrivés en Egypte. Jamais je n’aurais espéré voir de mes propres yeux les merveilles érigées par les Premiers Bâtisseurs. Le voyage qui nous a amené de France au travers de la Méditerranée était un peu long mais le jeu en valait la chandelle. Madeleine semble ravie. Comme convenu, nous avons visité le Musée du Caire : je crois que Madeleine était captivée par mes explications. J’aimerais tant que ce voyage soit aussi plaisant pour elle que pour moi. Et j’aurais tant aimé que Catherine et mon fils soient présents eux aussi pour partager mon bonheur. Ne pas parler avec eux me manque cruellement mais je sais que ce n’est que pour quelques semaines. L’importance de ce voyage est trop grande pour le Cercle. Nous repartirons demain pour Louksor en remontant le Nil.
La lampe est à côté de moi. Quand je la regarde, je ne peux m’empêcher de penser à toutes ces années pendant lesquelles nous l’avons recherchée alors que je la tiens enfin entre les mains. Elle est bien celle qui nous manquait pour parachever le Grand Oeuvre. Lorsque j’imagine toutes les difficultés qu’a eu le Cercle pour mettre la main dessus depuis plus d’un siècle, je suis plus que joyeux et même extatique au point d’en verser des larmes. Les dernières traces que nous avions de la lampe était celles consignées dans les archives de feu la Lunar Society. La vieille organisation scientifique en avait pris connaissance au travers des inventaires réalisés par les sous-officiers du futur Empereur Français. Mais qui pouvait deviner que Napoléon était lui-même un initié qui s’était penché sur les Mystères d’Isis ? J’ai récemment fait l’acquisition d’un ouvrage qui semble l’indiquer. Fort heureusement, si Bonaparte connaissait l’existence de la lampe, il était bien loin de savoir s’en servir et d’en connaître l’utilité, que les spécialistes de la Lunar Society connaissaient très bien.
Lorsque Napoléon Bonaparte a entamé sa campagne d’Egypte en 1798 pour couper la route des Indes aux Britanniques, il fit la découverte de certaines reliques égyptiennes très intéressantes. Aux côtés de la Pierre de Rosette découverte en 1799 qui servit à Champollion pour déchiffrer les hiéroglyphes plus de 20 ans plus tard, un ensemble de trésors antiques furent mis au jour. Au premier rang desquels la lampe à huile qui avait été trouvée dans une tombe au pied des Pyramides de Gizeh, que je tiens aujourd’hui entre mes mains. Pourtant, lors de la capitulation des forces françaises en 1801, les Britanniques au côté des forces Ottomanes exigèrent de récupérer les monuments antiques.
C’est à ce moment que la section occulte de feu la Lunar Society, dont le Cercle en est l’héritage, faillit mettre la main sur la lampe. Par l’intermédiaire des scientifiques de la Lunar présents au British Museum, il avait été prévu que la relique qui semblait bien anodine soit rapatriée en Angleterre. Ce fut peine perdue puisque les alliés Ottomans décidèrent de garder une partie des butins de peu de valeur au milieu desquels la lampe s’était retrouvée égarée. Malgré les tentatives de la section occulte de la Lunar Society, la lampe resta donc aux mains des Ottomans, et nous en perdîmes la trace. La perte de la lampe fut un coup dur pour l’organisation qui finit par voir sa dissolution en 1813 : la manipulation des scientifiques et de leurs travaux par les membres du cercle intérieur manquait d’efficacité. Il fut donc décidé d’opérer autrement. De fait, cette dissolution officielle entrait en concordance avec la fondation du Cercle qui se proposait de retrouver les origines de la Lunar Society (fondée d’ailleurs en 1765 sous le nom du Lunar Circle). Les activités du Cercle devinrent dès lors entièrement occultes. Et voici que plus d’un siècle plus tard, j’ai pu remettre la main sur cette lampe tant recherchée. Elle a été achetée il y a quelques mois avec d’autres vestiges auprès d’un antiquaire d’Istanbul par le Musée égyptien.
Comme convenu, le contact du Cercle m’attendait donc devant le Musée du Caire, armé de son appareil photographe. Il n’était pas difficile de le reconnaître : il s’agissait d’un vieil égyptien à la barbe grise coupée court, unijambiste, qui reposait sa jambe tronquée sur une longue barre de bois. Cela ne retirait en rien à la vélocité de l’homme dont la démarche, quoique inhabituelle, était animée d’une habileté incompréhensible, à la limite du surnaturel. Je crus que la vue de cet étrange personnage pourrait effrayer Madeleine : il n’en fut rien. Bien au contraire, elle fit preuve à son égard d’une compassion insoupçonnée - peut-être parce qu’elle pressentait que, de par mon accident lors de la grande guerre, mon sort à la jambe aurait pu être semblable au sien. Nous avons finalement visité le musée et mon contact prit plusieurs photographies de nous posant dans différents angles. Nous pûmes de ce fait repérer les failles de sécurité et constater que la lampe qui venait de faire sa réapparition, mais qui semblait de moindre valeur aux yeux du conservateur, n’était protégée que par une maigre façade de verre. Ce faisant, nous réussîmes deux jours plus tard, la nuit tombée, à la dérober.
Jamais je ne me serais crû capable d’une telle opération ! Mais il en allait des impératifs de l’organisation, à laquelle je viens d’être initié au cercle intérieur. Je puis seulement soulever que je ne fis qu’appliquer les ordres de mon contact qui avait un plan très précis pour nous faire pénétrer dans le musée. J’ignore comment il a pu mettre la main sur un double des clefs du conservateur mais celui-ci nous fut indispensable. Quant aux rondes des gardes, il semblait capable - comme par une sorte de précognition - de savoir à quel moment il était sauf pour nous de nous faufiler entre les allées de statues et de sarcophages. Un diamant de vitrier nous permit enfin de récupérer la lampe sans le moindre bruit.
Lorsque je me suis retrouvé au dehors, à l’abri de tout danger et de toute menace, mon contact avait subitement disparu. Je ne l’ai d’ailleurs pas revu depuis. Je suis donc rentré à l’hôtel où Madeleine dormait toujours profondément. Madeleine… Serai-je un jour en mesure de lui dire toute la vérité sur mes escapades du mercredi soir et sur le Cercle ? A chaque fois que je suis obligé de lui mentir, je sens une boule dans ma gorge qui me pousserait presque à tout lui avouer. Mais l’importance des événements à venir m’oblige à tenir le secret. Et pourtant… Voilà que son amour est sans failles et que nous sommes aujourd’hui mariés. La grande guerre n’est qu’un lointain souvenir et l’avenir me semble plein d’espoir. Si le Cercle parvient à réaliser le Grand Œuvre, l’avenir de l’humanité sera à jamais radieux. Et peut-être en serai-je un des humbles artisans. Alors nous construirons un futur éloigné des guerres et plein de félicité pour nos futurs enfants. Je le dois aussi à Catherine et à mon fils décédés : ils furent les vecteurs bien involontaires de ma motivation. Sans eux, jamais je n’aurais été amené à rencontrer le Cercle. Le Sens des événements prend parfois une forme bien surprenante…
Demain, nous reprenons le bateau pour Louksor. Jusqu’à la fin du voyage, je ferai en sorte de conserver la lampe sur moi pour que rien de fâcheux ne lui arrive jusqu’à mon retour en France.”
Le passage s’arrêtait là. La vie d’Edmond me semblait soudainement encore plus étonnante. Voilà qu’après avoir appris qu’il était veuf, adepte du spiritisme et passionné d’histoire, je le découvrais maintenant voleur de musée ! Qui savait quels autres secrets les tribulations d’Edmond recelaient ? Et cette lampe à huile si anodine et pourtant si mystérieuse, que représentait-elle ? Le Cercle était-il simplement un groupe de spirites comme je l’avais imaginé ou bien autre chose ? Ses racines, au travers de cette étrange Lunar Society dont je n’avais jamais entendu parler, semblaient au contraire indiquer qu’il s’agissait d’une sorte de vieille société secrète du genre de la Franc-Maçonnerie. Je cherchais des réponses aux questions que posaient mes premières découvertes et je me retrouvais avec de nouvelles questions. Je me dis qu’il devenait indispensable de lire le journal intime dans son intégralité.
Auparavant, je décidai de jeter un œil aux ouvrages sur l’Egypte antique que j’avais découverts dans les cartons pour en apprendre peut-être plus sur cette mystérieuse lampe à huile. Seulement, a priori, aucune information au sujet de la lampe ne s’y trouvait consignée. J’eus l’idée de regarder si Edmond possédait des ouvrages sur Napoléon ou sur sa campagne d’Egypte : peut-être que, si je le trouvais, l’ouvrage dont parlait Edmond à propos de l’empereur et de son intérêt pour les Mystères initiatiques égyptiens m’en apprendrait davantage. Y découvrirais-je de plus amples informations sur la fameuse lampe à huile ? Si Edmond avait possédé cet ouvrage, il se trouvait peut-être dans la bibliothèque de ma grand-mère, que je savais admirative de l’empereur et de ses frasques.
Je fis donc un tour dans la bibliothèque au rez-de-chaussée, excité par cette histoire de haut vol égyptien tout aussi fascinante qu’inquiétante. J’étais bien décidé à trouver la moindre information à propos de cette fameuse lampe à huile ornée d’un Aleph hébraïque. Je m’étais installé dans le petit salon qui s’ouvrait sur la bibliothèque et avais empilé les ouvrages pouvant être intéressants sur la table basse. J’avais volontairement mis de côté les quelques ouvrages d’histoire de France, sur la monarchie, la révolution française, et le 19ème siècle, et m’étais essentiellement consacré à ceux traitant de Napoléon et de sa campagne d’Egypte, espérant y trouver quelque donnée nouvelle. L’obstination maniaque de ma grand-mère était bien utile : elle avait classé tous ses ouvrages par thèmes sur les rayonnages et je n’eus quasiment qu’à saisir tous ceux qui, côte à côte, traitaient des escapades africaines de l’empereur ajaccien, en omettant tous ceux édités après 1940.
Après deux bonnes heures passées à lire en diagonal ces quelques ouvrages d’Edmond qui se trouvaient dans la bibliothèque, je me retrouvai encore une fois bredouille. Il n’y avait bien sûr aucune note écrite à la main placée sciemment par Edmond au milieu de quelque livre, que ma grand-mère - puisqu’elle les avait lus - aurait de toute façon découvert depuis longtemps. Quant à la référence à quelque lampe à huile particulière qui aurait pu intéresser le bon vieux Bonaparte, je n’en décelai trace nulle part. Je me retrouvai donc au point de départ.
Je reposai le dernier ouvrage sur les campagnes de Napoléon sur la table basse devant moi et poussai un soupir. Pensif, vérifiant machinalement si je n’avais oublié aucun ouvrage susceptible d’être intéressant, mon regard se balada sur les rayons de la bibliothèque. Entre les quelques ouvrages d’Edmond - plus nombreux que ce qu’en disait ma grand-mère - et ceux qui appartenaient à cette dernière, la bibliothèque était sacrément bien fournie. Il s’agissait essentiellement d’ouvrages d’histoire, sur toutes sortes de sujets, d’époques et de lieux différents. Si ma grand-mère n’avait presque pas connu son père Edmond et avait fini par devenir aide-soignante, elle avait hérité de lui tant son caractère d’autodidacte cultivé que son intérêt pour l’Histoire de France et de Navarre.
Je m’apprêtai à retourner au grenier pour continuer, à l’abris des regards de ma famille, la lecture du journal intime et avancer un peu dans toute cette histoire quand une découverte inopinée allait totalement redéfinir la donne. Mon regard s’était posé sur un ouvrage de la bibliothèque, vieux livre à la reliure en cuir vert dont le titre aux lettres dorées presque effacées était pourtant éloquent : ” Histoire de trois potiers célèbres “.
Je clignai des yeux et sentis une décharge électrique dans tout le corps : avais-je bien lu ? Je saisis l’ouvrage et le regardai de plus près. ” Histoire de trois potiers célèbres - Bernard Palissy, Frederic Böttger et Josiah Wedgwood “, par Emile Jonveaux, 1874. L’ouvrage ancien avait très certainement appartenu à Edmond. Se pouvait-il que sa référence au ” 314 rue des Trois Potiers ” - comme nouveau lieu de tenue des réunions du Cercle dans la dernière note de son journal intime - fut une sorte de message caché ? J’en jubilai d’avance et jetai un œil à l’ouvrage.
Il s’agissait de trois biographies réunies et chacune était consacrée à l’un de ces trois potiers célèbres dont - je dois bien l’avouer - je découvrais l’existence. J’entrepris donc la lecture de l’ouvrage.
Bernard Palissy était un potier qui officiait au cours du 16ème siècle. Issu d’une famille modeste, il se vantait de ne parler ni le grec, ni le latin. Il s’agissait d’un autodidacte protestant étonnant, ayant failli faire les frais de l’édit d’Henri II contre les protestants, et qui mourut en 1589 ” de faim, de froid et de mauvais traitements ” en prison, à la Bastille de Paris. Durant sa vie, il produisit de nombreuses faïences émaillées et composa des vitraux. L’ouvrage insistait lourdement sur le fait que ce potier polémiste et écrivain, avait passé l’essentiel de sa vie dans une quête désespérée pour découvrir le secret de l’émail, une pâte se vitrifiant sous l’action de la température lors de la cuisson. L’émail était couplé de colorants de l’ordre des oxydes métalliques tels que le plomb pour une coloration jaune, le cobalt pour un bleu profond et le vert, le manganèse pour le mauve et enfin l’or métallique pour un rouge soutenu. Il était précisé que ces différentes subtilités de la recherche du secret de l’émail ressemblaient étrangement aux recherches sur les substances et les métaux initiées par les alchimistes du Moyen-Âge.
Frederic Böttger, quant à lui, était un potier qui avait officié plus d’un siècle plus tard, né en 1682 et décédé en 1719. Ce chimiste allemand s’était illustré pour avoir notamment recherché la pierre philosophale des alchimistes, trouvant comme mécène Frédéric-Auguste de Saxe. Pourtant, Frédéric Böttger sembla abandonner rapidement ses recherches dans ce domaine pour se consacrer à la poterie et réussit le premier en Europe à fabriquer de la porcelaine. Etourdi par une fortune bien trop rapide, il se retrouva étourdi par des excès qui raccourcirent sa vie précipitamment. L’ouvrage insistait sur le fait que, contrairement aux apparences, les travaux de recherche de la pierre philosophale par ce potier étaient simplement devenus secrets par la suite : ses recherches autour de la céramique et en particulier de la porcelaine n’étaient en aucun cas étrangères à ses découvertes dans le domaine alchimique.
Enfin, le dernier personnage évoqué, Josiah Wedgwood, se trouvait agir quelques décennies plus tard, né en 1730 et décédé en 1795. Nulle référence à l’alchimie cette fois-ci : Wedgwood était un potier qui avait développé la poterie à un niveau de production industrielle. Contractant la variole enfant, il était resté fortement blessé au genou toute sa vie, ce qui l’avait rendu, dans ses premiers âges, incapable de travailler sur un tour à potier. En conséquence, il s’était concentré essentiellement sur l’élaboration des poteries plutôt que sur leur fabrication. Alors qu’il avait commencé à travailler avec le potier le plus renommé de l’époque - Thomas Whieldon - il expérimenta une large variété de techniques de poterie qui coïncidèrent avec l’industrialisation émergeante de la ville de Manchester. Ainsi, ses expériences techniques et technologiques avaient fait de l’artisanat de la poterie la première véritable usine potière. Il finit par devenir une référence dans le domaine (notamment auprès de la Reine Charlotte). Il était aussi mentionné que sa petite-fille, Emma, n’était autre que l’épouse de l’évolutionniste bien connu, Charles Darwin. Outre le fait que Wedgwood était apparemment fasciné par la civilisation des Etrusques (dont la porcelaine noire avait été découverte lors de fouilles en Italie du vivant de Wedgwood - une passion révélatrice qui avait d’ailleurs donné à l’industriel son premier succès commercial majeur au travers de la duplication de ce qu’il avait appelé le ” Basalte Noir “), une subtilité de sa biographie attirait particulièrement mon attention. Wedgwood avait été, en effet, le membre d’un club de réflexion qui réunissait des notables et des scientifiques de l’époque : la Lunar Society.
Par une coïncidence que je ne soupçonnais pas anodine, je pus ainsi apprendre ce qu’était exactement que cette organisation qu’Edmond mentionnait, la Lunar Society (la Société Lunaire). De ce qu’en présentait l’ouvrage, il s’agissait d’un club d’industriels et de scientifiques qui se rencontraient régulièrement à Birmingham, entre 1765 et 1813. Appelé aux origines le Lunar Circle (le Cercle Lunaire), il prit son nom de Lunar Society en 1775. Le nom de la société venait de leur pratique qui consistait à organiser leurs réunions au moment de la pleine lune. Puisqu’il n’y avait à l’époque aucun éclairage de rue, la lumière prégnante de la pleine lune rendait le chemin de retour chez soi plus simple et plus sécurisé. J’appris que cette société était très influente en son temps, et réunissait des personnalités telles qu’Erasmus Darwin, le grand-père du Charles Darwin bien connu, Josiah Wedgwood ou encore James Watt. Il existait également de nombreux personnages et correspondants de l’organisation tels que Benjamin Franklin, Thomas Jefferson ou Antoine Lavoisier. Nulle mention n’était faite, cependant, du ” cercle intérieur ” de cette organisation pourtant scientifique ni des recherches ésotériques dont parlait Edmond dans son journal intime.
Tout cela était bien inattendu. Les informations et les pistes semblaient se recouper les unes avec les autres. Mais si l’adresse du ” 314 rue des Trois Potiers ” était supposée indiquer quelque chose de particulier, je me retrouvais tout de même dans l’expectative : l’histoire de ces trois personnages était certes intéressante mais je ne voyais pas très bien ce que j’étais supposé comprendre.
Après avoir passé l’après-midi dans les livres, au-dehors, le soleil commençait à se coucher et la lumière se retrouvait amoindrie. Je décidai d’en arrêter là pour ce jour et de m’y replonger le lendemain.
Et je m’apprêtais à découvrir que le jeu de pistes d’Edmond était bien plus subtile que de simples excursions bibliographiques dans des ouvrages poussiéreux.
(à suivre)



![arnaud.seldon[AT]free.fr](http://www.lamoindreplume.net/wp-content/images/email.png)

De : Sekhmet la Rouge
Le samedi 19 août 2006 à 01:28
Site : http://jerrine.free.fr/blog/index.php
Génial. Tu écris vraiment bien.
Tu comptes faire combien d’épisodes?
De : Arnaud Seldon
Le samedi 19 août 2006 à 03:41
A vrai dire, je ne sais pas, même si j’ai le gros de la trame et l’intrigue principale en tête, ainsi que la “fin”. Qui vivra verra. Et merci pour le compliment ! La “fin” de ce second épisode prochainement (je suis pas loin d’avoir fini de l’écrire). Et pour La Patte de Chat, j’ai laissé mon bouquin à Paris, ça attendra mon retour parisien, I think.
De : AdaM
Le dimanche 20 août 2006 à 01:10
Site : http://adamlbs.blogspot.com/
J’aime bien ton jeu d’écriture , j’ai hate de lire la suite … Biz :@
De : TarValanion, au boulot
Le mardi 22 août 2006 à 16:30
Site :
RAAAAAHHHHH!!!!!
La suite! La suite! La suite!!
De : zvezdo
Le vendredi 25 août 2006 à 22:50
Site : http://zvezdoliki.net/dotclear/index.php/
oui oui oui ! c’est palpitant !
De : Naël
Le mercredi 30 août 2006 à 01:50
Site : http://droitetactualite.hautetfort.com/
Tu as vraiment un style d’écriture très plaisant. :o)
Si jamais tu le souhaites, je serais plus qu’heureux de t’ajouter dans mes contacts msn.
De : Djamila
Le mercredi 30 août 2006 à 21:50
Site :
Dsl, je n’ai pas encore lu la suite du rayon jaune, tu t’en doutes j’ai pas trop le temps. mais quand est-ce que tu nous racontes ta vie à nouveau? Tu n’as pas posté grand chose? C’est pas que je préfère lire ta vie au rayon jaune, juste, que c’est plus court aussi. Entre deux relectures de mémoire c’est une distraction… Serait-ce là fin de ton blog?
De : Arnaud Seldon
Le jeudi 7 septembre 2006 à 01:45
Non, non, mais je suis un peu paumé, en ce moment. Cf. mon dernier message en date, “Quelques nouvelles du sens”.
merveilleux, A.
lorsque j’ai commencé à lire ch. 6 il y a une semaine, je n’ai pas su que celui faisait partie d’un mystère tellement encyclopédique … la discussion de l’alchimie m’a bien plu (nous avons beaucoup d’intérêts pareils)
ch. 2 SURTOUT m’a donné un plaisir inattendu — j’ai eu l’occasion de t’entendre dire pleins des mots en anglais — et je suis sûr que tu les as prononcés avec un accent français seulement pour créer
des effets littéraires — en fait je m’en doute que tu parles anglais comme SAWYER en LOST, oui ?
une fois nous devrions parler sur téléphone ( it costs me only 7 cents a minute on verizon for a call to france — that’s too good to be wasted, don’t you agree ?)
( l’oncle du narrateur qui est passioné des ovnis ressemble un peu à ton oncle ?? je me souviens que ton oncle s’intéresse aux “crop circles”)
ira> J’ai prononcé les mots anglais sans accent anglais, effectivement : j’ai toujours trouvé que c’était mieux (tout en conservant une prononciation “correcte” en terme de phonétique) de prononcer des mots anglais “avec un accent français” dans un texte lu en français. Et de même pour des mots français dans un texte anglais de les prononcer “avec un accent anglais” (”déjà-vu”, “rendez-vous”, etc.).
(About phone, I think I win : it’s free for me from France to have a call to United States - either on a regular telephone, or on Verizon mobile - thanks to the French Internet Provider - Free - which allow us to have a call to 70 foreign destinations for free).
(Oui, l’oncle du narrateur est effectivement très largement inspiré de mon propre oncle ; en fait, tous les personnages décrits dans “Le Rayon Jaune” sont des personnages existants - seuls les prénoms ont été changés
)
Ira> Reste à déterminer : le “Rayon Jaune” est-il vraiment une fiction ?
ARE NO: est-ce que c’est une question analytique ? speculative?
est-ce que tu sais la réponse ?
Ira> C’est une question analytiquement spéculative. Et, oui, je sais la réponse… je crois ?